Vampires d'une nuit de printemps.




Auteur : Lia Vilorë
Parution : Mai 2012
Editeur : Editions du Petit Caveau, collection Sang Neuf
Pages : 250



RESUME :

Cher journal,

Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
      Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l'écrit en prime !
      Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t'empêcher d'écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
      Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
      Tu vas en faire des envieuses !
Ouais… surtout qu'à l'heure qu'il est, c'est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n'ai pas commis !
      Qui est ?
Toute ma nouvelle famille m'accuse d'avoir assassiné notre Maître, celui qui m'a créée. Mais je te jure : j'ai rien fait ! 
      Ça me rappelle quelque chose…
M'en parle pas !

NOTE DE L'EDITEUR :

Bourré de références cinématographiques, de traits d'humour et de rebondissements, l'auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fáil, dans une enquête qui lui permet de vivre maintes péripéties. un récit moderne et original, teinté d'humour pour le moins mordant!

CHRONIQUE :

Ma note 3 / 5

Au niveau de l'édition, on peut regretter quelques coquilles dans le livre, mais ne tenons pas rigueur de cela à une petite maison d'édition, qui n'a pas les même moyens que Bragelonne, j'ai lu ou autre... On leur pardonne donc facilement! Autre petit défaut ici, ce sera la présentation qui m'a légèrement gênée  : en effet, lorsque vous ouvrez le livre, vous avez l'impression d'ouvrir une thèse : titres soulignés...

Soyez conscients aussi d'ouvrir un livre où vous aurez énormément de références, littéraires ou cinématographiques, souvent d'ailleurs inconnues pour moi (mais niveau ciné, je ne suis pas du tout une référence!). Cela est amusant, j'aime les références, les clins d'oeil et les hommages, mais j'avoue qu'ici c'est un peu trop poussé à l'extrême (à mon goût).

Pour le reste, eh bien, comme toujours avec le petit caveau... Bienvenue chez les vampires!

Mais bienvenue aussi dans un livre complètement loufoque, basé sur l'humour ! Et ça fonctionne bien, même très bien ! tout au long du livre vous aller rire, sourire et vous amuser, alors préparer vos zygomatiques, sinon gare aux crampes!

Côté scénario, non il est pas vraiment à tomber par terre (je me suis même légèrement emmêlée les pinceaux à un moment donné vers la fin), mais tout est farfelu et c'est ce qui fait la force de ce roman : le côté farfelu.

Lia, nouvelle vampire de son état, découvre ses pouvoirs. En effet, ici le concept du vampire est assez novateur. Non les vampires ne sont pas morts, mais oui ils boivent du sang, ce qui ne les empêche pas d'avoir la dalle et besoin de se jeter sur le premier ... hamburger venu. Autre particularité, à chaque transformation, les nouveaux vampires développent un pouvoir qui leur est propre. Je n'en dirai pas plus, ni le comment, ni le pourquoi, mais sachez que quand Lia découvre son nouveau pouvoir, sa réaction est : mais quel pouvoir de merde!! Et je ne vous cacherai pas... que vous vous dites exactement la même chose!!... Pff je m'attendais à mieux... Mieux? ben en fait non car on s'aperçoit très vite que notre auteure se sert du pouvoir avec brio, et ledit pouvoir va nous faire mourir de rire tout au long du livre, je dirai même qu'il est l'élément central de l'humour. Alors vous passez de "mais quel idée, quel pouvoir de merde" à " nan en fait c'est une super idée, bravo c'est génialissime" en moins de temps qu'il ne faut pour tourner une page!

Donc notre héroïne et nouvelle venue dans le Convent est la treizième du petit groupe. Malheureusement, pour une histoire de passé, sans lien avec elle, son arrivée n'est pas forcément bien vue de ses frères et soeurs de clan... En effet, la précédente Lia Fail (la treizième du clan à chaque fois) avait été, bien malgré elle, responsable d'une tragédie.

Alors évidemment, lorsque son Maître Maximilian est assassiné, tout le monde lui jettera le meurtre sur le dos... Et le problème, c'est que même si son pouvoir à elle est assez particulier, d'autres en ont des plus communs mais plus dangereux, (telle une vitesse surnaturelle, la télékinésie etc...) qu'ils n'hésiteront pas à utiliser! Heureusement son charmant partenaire écossais Amaël (à la force surnaturelle), croira à son innocence et l'aidera à résoudre cette enquête, assisté par d'autres du clan rangés de leur côté tels Rose et Brian.

Lecture délirante et mordante, Vampires d'une nuit de printemps vaut le coup d'être lue.
Et lorsque vous croiserez les moisissures fans de Mario, ou Angus la pipe aux allures de Sherlock Holmes... saluez les de ma part!

Extrait, disponible sur le site des éditions du petit caveau : 


Prologue

                                    "— Cette ligne est réservée aux urgences…
                                      — Sans blague ! Vous croyez que j'appelle pour
                                          commander une pizza ?
                                      (Piège de cristal, John McTiernan, 1988)"

Paris, une nuit de fin décembre

Les gyrophares et les alarmes des ambulances s'étaient respectivement transformés en lucioles bleues sous acide et en piaillements d'un groupe de canaris hystériques.
Blanc de lait : la route enneigée.
Rouge bordeaux : la vision d'une des victimes de ce carambolage sinueux.
— Eh bien, on peut dire que tu commences fort, toi ! chuchota une voix masculine à cette éclopée se trouvant à ses pieds.
Étendue dans la poudreuse, elle reposait entre une portière arrachée et des bouts de verre éparpillés au milieu de la cohue, composée d'une centaine de blessés, de morts, de tôle froissée et de feux grégeois. Aucune autorité compétente, aucun témoin horrifié ne remarqua l'homme au manteau noir partageant son sang avec un visage
meurtri parmi tant d'autres. Aucune de ces mêmes personnes ne le vit ensuite quitter les lieux de l'accident en portant dans ses bras la victime anonyme.
Quant au bus qui avait transporté cette inconnue, il s'était résolu à exploser quelques mètres plus loin.

Chapitre I – Renaissance

                                        Always look on
                                        the bright side of life!
                                        (Monty Python : Life of Brian, Terry Gilliam et Terry Jones,1979)

Mes mains, douées d'un instinct de survie incroyable, étaient agrippées aux bras du siège. Elles renfermaient une efficacité de serres d'aigle compte tenu de mes ongles qui menaçaient de percer le tissu. Je savais que si l'avion s'écrasait, ça ne m'éviterait pas de m'écraser avec lui… mais, on se réconforte comme on peut. Bien
heureusement, la nuit noire et le fait de ne pas me trouver côté hublot m'évitaient de trop imaginer le pire.
— Si les dieux ne nous ont pas dotés d'ailes, c'est pour qu'on reste sur le plancher des vaches, bon sang de…
— Un tel langage ne sied pas à une jeune femme, me coupa mon voisin m'obligeant à grogner la fin de mon propos.
Mon interlocuteur était une illustration vivante du dandy anglais. Sa tenue noire restait toujours impeccable, et il était l'incarnation de l'élégance dans chacun de ses gestes ou de ses paroles. Une canne en aulne se trouvait actuellement coincée debout entre ses genoux ; les fines mains gantées de son propriétaire reposaient sur le pommeau d'argent.
Il s'appelait Maximilian Órfhlaith2 et était Maître de plusieurs vampires établis à Los Angeles.
Un : il était mon sauveur parce que vampire de son état. Ce sang de vampire qu'il m'avait fait boire avait aussitôt guéri mes blessures. Elles auraient autrement demandé plusieurs semaines voire des mois de soins hospitaliers… Si l'on partait du principe que je ne mourrais pas dans l'ambulance.
Deux : il avait sorti l'artillerie lourde des dons surnaturels et prouvé sa condition vampirique avec son pouvoir de domination mentale.
Il m'avait obligée à faire le poirier avec une main pendant quinze longues minutes ; ainsi que la récitation complète d'un poème anglais que lui connaissait, mais pas moi, si vous voulez tout savoir.
J'ai d'abord tenté de le tabasser avec une chaise en inox. Une fois calmée de force, je l'ai alors harassé de questions afin de trouver une faille dans son histoire mégalomaniaque. Je n'en ai, hélas, révélé aucune face à tant d'assurance et de cohérence. Je sais ce que vous pensez. Quand il m'a dit ça, moi aussi je l'aurais gentiment mais fermement envoyé sur les roses – pour être polie –. Hélas, cet excentrique m'avait sauvé la vie.
Mais si l'on me cherchait ? m'étais-je demandé, paniquée.
Qu'allais-je dire ? Qu'allais-je faire ? Et la gagnante toute catégorie : allait-il m'abandonner là et se jeter dans un feu avec un rire dément, tel le sire de Lestat le vampire ?
Heureusement pour la survie de ses tympans, il avait su calmer temporairement ces angoisses et me convaincre de le suivre. Pourquoi m'étais-je retrouvée dans cet avion avec lui ce soir, vous demandez-vous ? Eh bien, parce que je n'avais pas eu d'autres choix.
Il m'avait exposé qu'à cette heure-ci, je devais compter parmi les victimes du bus qui nous avait transportés cette nuit-là. Pour ce qui restait de ma famille, ou de mes amis, mon cadavre serait très probablement porté disparu. On enterrerait un cercueil vide.
Inutile de vous dire que je ne prendrais plus jamais le moindre bus, ou voiture, par temps de neige ! Pour l'instant, j'avais l'esprit assez occupé afin de ne pas m'effondrer à l'idée que mon frère me croyait morte alors que c'était faux. J'avais la vie sauve et il était en bonne santé ; je ne pouvais qu'espérer qu'il surmonterait sa peine, si peine il avait… Je jouerais les impuissantes et vaines hystériques une fois seule. Jusque-là, je devais tenir bon.
Parce que voyons le bon côté de la chose, quoi ! J'étais en vie alors que j'aurais dû y rester ! Il y a moins de quarante-huit heures, je m'étais déjà vue avec une étiquette au gros orteil marquée de la date et l'heure de mon décès à l'hôpital ou dans l'ambulance. Une victime de plus d'un banal accident de voitures ayant rapidement dégénéré en carambolage à cause de la neige. Pour tout dire, je ne me rappelais pas grand-chose. Mon esprit s'était mis en vieille, car trop occupé à me transmettre mille et uns messages de douleur. Je m'étais rapidement évanouie peu après avoir avalé le sang d'une forme noire qui m'avait rappelé la Mort3 en personne. Après mon réveil, après avoir vérifié que j'avais tout et au bon endroit, que tout pulsait encore – ma tête, surtout, me l'avait confirmé avec violence – Maximilian m'avait annoncé deux choses.
Non, je n'étais pas une morte-vivante. Contrairement aux vampires d'Anne Rice ou de Buffy contre les Vampires, lorsqu'un Maître transforme un humain, le nouveau vampire n'en meurt pas. Point n'est besoin au préalable d'une énorme perte de sang ni d'être au seuil de la mort. Non. Au lieu de me tuer pour me ressusciter en vampire sorti de sa tombe, le pouvoir du sang se contentait d'arrêter l'influence du temps sur ma personne. La définition du vampirisme était la suivante : l'Éternité si tant narrée. « La durée qui a un commencement, mais pas de fin ».
Donc, oui, j'étais vivante, je pourrais toujours boire, manger, dormir. Et, en conséquence de boire et de manger, je pourrais continuer d'aller aux toilettes. C'est important de savoir.
Oui, bientôt j'allais être tout comme lui. Quand ? Il l'ignorait, mais étant majeure et vaccinée, ce serait sans doute dans un proche avenir. Dès lors que mon esprit aurait accepté les conséquences de vivre pour toujours.
Comment je le saurais ? Il m'avait répondu :
« Le moment venu. »
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