De l'autre côté du Mur.

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Agnès Marot
Editeur : Editions du Chat Noir, Collection Cheshire
Parution : Septembre 2013
Pages : 316


RESUME :

Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l'Art est coupé : on l'isole de ses sœurs, on lui refuse l'existence qu'elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu'elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde.
Mais alors, si la vie n'est qu'un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?
Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L'aidera-t-il à franchir l'enceinte qui délimite l'univers qu'elle a toujours connu ?
Découvrez le mystère qui se cache là-bas, de l'autre côté du mur…


CHRONIQUE :

Ma note : 5/5

De l'autre côté du mur est le premier roman de la collection Cheshire (Young Adult) des Editions du Chat Noir. Eh bien, je peux vous affirmer que ce premier chaton Cheshire est une jolie réussite. Quand une plume poétique rencontre un esprit empli d'imagination, cela donne… un auteur de talent et une histoire magnifique.

La quatrième de couverture reste très énigmatique sur l'intrigue du roman, je ne savais donc pas réellement dans quoi je m'embarquais. Et comme cela fait tout son intérêt, je vais essayer de faire en sorte que vous ne le sachiez pas trop non plus (eh oui !).
Faisons donc connaissance avec Sibel, danseuse, qui nous plonge dès la première ligne dans son monde grâce au talent d'Agnès Marot. Moi qui ne m'intéresse pas à la danse, je me suis laissée entraînée par la grâce, commençant presque à ressentir les mouvements de l'air accompagnant les pas de Sibel. Une entrée en matière qui donne d'emblée le ton poétique de l'écriture, un passage qui se suffit à lui-même. Mais qui ne suffit pas à l'auteure, qui nous entrouvre dès la fin du premier chapitre les portes de son univers, pas si ordinaire que ça, et finalement … très éloigné de l'utopie d'une salle de danse…

Sibel, vivant pour la Danse, avec ses camarades, toutes Mères et Filles. Les femmes, la grâce, l'Art et la Nature. Voilà son quotidien bien rangé.
Mais un geste, un simple geste, un seul geste va faire basculer toute sa vie, et l'euphorie des ballerines va vite laisser place au trouble et à la peur. Comment une simple faute lors d'un cours de danse peut-il mener à ça ?
Eh bien, c'est toute l'histoire de ce roman.

Sibel ayant perdu son Art suite à cette faute (dont elle n'est pas responsable), va tout faire pour le retrouver, lui, l'essence de son être, son bien le plus précieux, lien tangible entre la nature et elle. Sa recherche va la pousser à franchir les limites de l'interdit, et, bien malgré elle, à découvrir des secrets qui auraient dû rester cachés. Secrets qui la précipiteront dans les coulisses du Monde, coulisses où rien ne sera comme avant. On vous parlait bien de dystopie… Je vous laisse la découvrir.

Au-delà de Sibel, il y a Aylin, sa meilleure amie. Aylin est un personnage remarquable. Une survoltée  tête de mule, qui se distingue de ses camarades calmes et conditionnées par des années d'éducation. Une boute-en-train aussi, qui a toujours le mot pour rire et remonter le moral, avec son optimisme permanent.
Sibel quant à elle, est beaucoup plus nuancée dans son caractère. Beaucoup plus évolutive aussi. Bien ancrée dans sa petite vie, ses mésaventures vont la pousser à se dépasser. La jeune fille est fragile, mais après la découverte de certains secrets, elle nous montrera une force de caractère bienvenue et saura acquérir une maturité indispensable… à sa survie.
Maturité dont elle devra faire preuve lorsqu'elle fera la connaissance d'une curieuse forme de vie : Aslan, qui se présente comme un « garçon ». Deuxième élément bouleversant sa vie, Aslan, va ouvrir les yeux de notre danseuse sur la réalité du monde. Aslan avec son air suffisant et son sourire narquois. Aslan qui énerve Sibel mais qui l'attire aussi…

C'est à deux que les jeunes gens vont essayer de découvrir qui tire les ficelles de cet immense théâtre, qu'ils vont essayer de découvrir ce qu'il y a … de l'autre côté du mur.

Les émotions sont un thème fort dans ce livre. Le côtoiement exclusif de femmes, les règles de vie, feront de Sibel une ignorante en matière de sentiments, qu'elle ne comprendra pas toujours. Sa quête dans ce domaine est emplie d'humour et ce manque de connaissances donne à Aslan et Sibel une naïveté amusante et attendrissante. Une analyse poétique (oui oui je juxtapose « analyse » et « poétique», comme quoi Science et Art peuvent se mélanger !) des sentiments et émotions.
Enfin, j'ai apprécié dans ce roman, outre l'histoire, les personnages et la plume de l'auteur, le fait que l'on sorte légèrement du cadre souvent utilisé des « gentils et méchants ». Car à la base, ce monde est construit pour le bien-être commun… A la base… Mais ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions ?

Vous avez l'impression que j'ai beaucoup parlé (enfin écrit) ? Mais sachez que je ne vous ai en réalité quasiment rien dit. Preuve de la richesse de l'histoire !

Une quête de liberté pour une jeune fille pas du tout ordinaire, qui plaira sans nul doute à tous les amateurs de la saga « Délirium ».


Note : En fin de roman, une annexe décrit les différentes références et inspirations de l'auteure. Un petit plus sympathique.


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